Voyager autrement
Présentation du livre
On a souvent tendance à dire « j’ai fait l’Irlande » plutôt que « j’ai visité l’Irlande », et à accumuler, parfois jusqu’à l’excès, les destinations tant touristiques que – faussement – exceptionnelles. Mais aujourd’hui, l’impact environnemental du surtourisme est indéniable, tout comme il a tendance à faire disparaître les spécificités d’une région, sa culture, ses coutumes. Les visites à dos d’éléphant en Thaïlande tout comme les margaritas du centre touristique de Naples n’ont rien d’authentique, elles sont les produits d’une image fantasmée et entretenue par des milliers de touristes qui viennent chercher la même chose au même endroit.
Qu’est-ce qui nous pousse à voyager ? Qu’est-ce qu’on en retient et qu’on transmet ? Quel est notre impact sur les territoires et les populations des endroits que l’on visite ?
Dans ce nouvel essai réflexif, Julien Dupont s’interroge sur l’idée du voyage touristique et son impact tant écologique que sociétal. Alliant comme à son habitude des mots et des cartes subjectives, il s’appuie sur des données scientifiques, économiques, philosophiques ou sociologiques, sur sa propre expérience, des enquêtes de terrain et des témoignages, ainsi que sur les récits des grands voyageurs tout comme la littérature et le cinéma.
Sa cartographie, dite « sensible » – elle permet de restituer la subjectivité de la perception de l’espace –, mais également « radicale » – elle a le courage de montrer ce qu’on a tendance à vouloir laisser caché –, aide à percevoir le monde sous un autre angle et à nous interpeller.
La dernière partie du livre, consacrée à l’avenir des voyages, permet d’ouvrir des portes sur de possibles nouvelles manières de voyager : plus longuement, plus près, voire par procuration.
Sommaire de l'ouvrage
Introduction : Notion de voyage et de dépaysement
Partie 1 : Préparer son voyage (ce qu’on sait du monde avant d’aller le parcourir)
Cette partie mêle histoire du monde connu et histoire plus intime de notre rapport aux voyages : ce que l’on sait d’une région avant de la parcourir (voyages d’enfance, voyages de proches racontés, lectures…) ; la façon dont s’est construite notre imaginaire du voyage.
Partie 2 : Voyager (Ce qu'on voit du monde)
Cette partie est consacrée au tourisme et à ses évolutions, le voyage comme moment particulier, hors du temps quotidien, les expériences individuelles ou de masse. Elle montre les changements de perspective de ces trente dernières années, en s’appuyant sur des exemples de territoires transformés, souvent par le biais de récits de voyages personnels et d'auteurs variés.
Partie 3 : Se souvenir des voyages (Ce qu'on raconte du monde qu'on a parcouru)
Revenir, raconter, reconstruire. Que faire de son voyage une fois que nous sommes rentrés ? Que peut-on tirer des récits des autres voyageurs ?
Partie 4 : Repartir (ce qu’on peut faire pour voyager autrement)
Le dépaysement est-il toujours où on l’attend ? Peut-on imaginer un changement de paradigme ? Cette partie est l’occasion de revenir sur les lieux où on ne peut plus aller et les lieux où on n’ira jamais, les lieux qu'on peut visiter par les livres sans bouger de chez soi, les voyages éthiques, mais aussi le voyage en bas de chez soi, afin de chercher le dépaysement au coin de la rue.