Le nouveau cinéma sud-coréen
Présentation du livre
La Corée du Sud, de Snowpiercer (2013) à Parasite (2019), occupe une place de choix dans l’industrie mondiale du cinéma contemporain. Cette ascension a débuté dans les années 1960, dans un pays ballotté entre visées nationalistes et libéralisation débridée.
Pour appréhender la singularité de ce nouveau cinéma coréen, Barnabé Sauvage revient sur une histoire parfois paradoxale, en dépassant les tensions entre une identité marquée par les traumatismes nationaux – de la colonisation japonaise à la partition des deux Corées – et une logique internationale de soft power inspirée de Hollywood.
Une réflexion historique, économique et esthétique qui fait la part belle aux analyses de films et permet au lecteur de se forger, point par point, un avis éclairé sur la question.
Sommaire de l'ouvrage
Introduction Au sommet de la vague ?
Partie I Histoire et mémoire : l’hypothèse traumatique
Chapitre 1 Un « modèle traumatique » : comprendre un cinéma national à partir de son histoire politique ?
Panser les traumas nationaux
Repenser les questions mémorielles
Chapitre 2 La colonisation japonaise de 1905 à 1945 : le mouvement anti-japonais et l’insistance du cinéma nationaliste
Une conflictualité régionale tenace
Du besoin de réparation à l’affirmation nationale
Chapitre 3 La partition des deux Corées depuis 1950 : topologies cinématographiques de la frontière
La fracture de la guerre de Corée
Analyse 1 : JSA (Park Chan-wook, 2000)
Chapitre 4 Les dictatures militaires de 1961 à 1987 : revenances de l’histoire
La temporalité contre la dictature
Analyse 2 : Peppermint Candy (Lee Chang-dong, 2000)
Les blockbusters nationalistes des années 2000
Chapitre 5 De la crise économique asiatique de 1997 à la crise néolibérale : ce que le capitalisme fait à la mémoire et à la communauté
Analyse 3 : Mother (Bong Joon-ho, 2009)
Analyse 4 : Oldboy (Park Chan-wook, 2003)
Chapitre 6 Du national au « transnational », et retour
Vers un soft power coréen
Un regard occidental partiel
Partie II Économie et (géo)politique : hallyu asiatiques et occidentales
Chapitre 7 Brève histoire économique et politique du cinéma en Corée du Sud
(1954-1979) Premier « âge d’or » sous la dictature et déclin
(1980-1995) La « nouvelle vague sud-coréenne » : cinéma contestataire et affaiblissement du régime dictatorial
(1996-2006) La naissance du « nouveau cinéma sud-coréen » : bouleversements économiques et succès internationaux en plusieurs vagues
(2007-2019) La consécration commerciale, critique et patrimoniale d’un « nouveau cinéma » ouvert sur le marché global
Chapitre 8 Problématiser la notion de hallyu : publics, réception et acteurs des années 1990-2020
Hallyu et nation branding
Retourner l’agentivité : devenir sujet du discours
Briser les vagues&nbs