Pourquoi avons-nous besoin des classes moyennes ?
Présentation du livre
« En beaucoup de domaines, le meilleur est dans la moyenne », et « dans la cité » en particulier, on doit vouloir « être au milieu », affirmait Aristote dans Les Politiques. Cette idée d’une bonne citoyenneté a pris corps au lendemain de la Révolution, opposant l’égalité aux privilèges par l’avènement d’une large classe centrale. Mais que reste-t-il de ces idéaux républicains, quand une partie de notre classe moyenne hurle sur les ronds-points les inégalités sociales et la peur du déclassement ?
Dans un tableau culturel, historique, sociologique, politique et philosophique des classes moyennes, Vincent Bourdeau explore et élargit le sens d’une expression, « classes mitoyennes », que l’on rencontrait dans les écrits de Germaine de Staël. En revisitant cette appellation, il réaffirme leur pouvoir d’intégration sociale et d’accomplissement de soi par une véritable culture du lien.
En remplaçant le concept éculé de méritocratie – qui institutionalise les injustices sociales – par celui de considération, l’auteur trouve un moyen de réveiller la république mitoyenne. Il ne questionne plus seulement le rang mais aussi le rôle des classes moyennes : celui de rendre sa place à chacun ; de transformer les institutions de la République sans les mettre à bas ; de faire advenir une société solidaire et agissante qui prenne son avenir en main.
Un plaidoyer saisissant en faveur des classes moyennes, mitoyennes, citoyennes.
Sommaire de l'ouvrage
INTRODUCTION LA CULTURE DU LIEN
À LA RECHERCHE DES CLASSES MOYENNES
Un maelström médiatique
Faire corps ?
L’approche objective
L’approche subjective
La moyennisation de la société
Une victoire en trompe-l’œil
L’horizon de la propriété
LA FÊTE EST FINIE
Un portrait critique et nostalgique
Inconsistance et vacuité
La tentation du repli
Le rêve méritocratique
Un grand vide politique
La lutte des classes moyennes revisitée
RES PUBLICA
Se replacer au milieu
Transmettre
Le modèle du banquet
Institutions et éthique républicaines
À l’école de la République
Combats ordinaires
LE RÉVEIL DES CLASSES MITOYENNES
À l’ombre du prolétariat
De la mitoyenneté des classes
Éloge de la médiocrité
Le renversement d’un idéal politique
Les ambiguïtés de la solidarité
Un monde pluriel et divisé
L’illusion du mérite
Les femmes comptent mais le compte n’y est pas
L’école de la reconnaissance
Une nouvelle boussole
UNE SOCIÉTÉ CIVILE RÉPUBLICAINE
Les professions essentielles
L’intégration républicaine revisitée
La république au travail
Classes et professions : un débat politique
La lutte des classements
Fabriquer sa liberté
À la croisée des chemins
CONCLUSION LA RÉPUBLIQUE SANS MAJUSCULE DES CLASSES MITOYENNES
Du clivage à l’œuvre commune
Institutionnaliser la culture du lien
Sortir du sécessionnisme
Repenser le travail
Décloisonner l’école
Tous égaux en dignité
Une république à échelle humaine
NOTES
BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE