Son, mixage et diffusion sonore

Lionel Haidant



12 Février 2006


L’univers de la sonorisation s’est tellement démocratisé qu’aujourd’hui, n’importe quel amateur éclairé peut être amené à enregistrer ou à sonoriser une salle. Lionel Haidant propose avec son Guide pratique de la sonorisation – Concert, spectacle, conférence (Dunod, 2006), une approche basée sur des exemples concrets, permettant aux amateurs de choisir le matériel le mieux adapté à leurs besoins, de savoir le transporter et l’installer selon les circonstances. Une véritable boîte à outils destinée aux semi professionnels ou aux professionnels débutants.

Quel est l’objectif de ce nouvel ouvrage, par rapport à vos livres précédents ?
Cet ouvrage s’adresse à tous les utilisateurs occasionnels de la sonorisation (professeurs de musique, personnel technique d’une mairie, musiciens et orchestres de bals qui gèrent eux-mêmes la sonorisation de leur concert…).
Mes précédents livres traitaient séparément la prise de son, le mixage et la diffusion sonore. Celui-ci présente le triplet complet.

Quelles évolutions notables ont subi les outils de prise du son ces dernières années ?
L’essor du numérique a permis de concevoir des outils performants et ergonomiques (consoles de mixage, amplis, micros..) ce qui permet des productions (sono et studio) avec un rapport qualité/prix jamais atteint.

Vous différenciez la prise de son en concert, spectacle ou conférence, cela signifie-t-il que les matériels sont différents ?
Le marché de la sonorisation est divisé en deux secteurs. Celui du spectacle vivant qui concerne les concerts, les théâtres, les shows… et celui de l’événementiel qui englobe les congrès-conférences, les défilés de mode, les salons…
Les outils et le travail sont différents même si un ingénieur est capable de gérer les deux productions.
Les techniciens qui travaillent dans le spectacle utilisent de grosses consoles de mixage, des retours de scène, beaucoup de micros d’instruments et de nombreux effets. Ceux qui évoluent dans « l’événementiel » utilisent de petites consoles numériques et des micros HF pour la voix.
En revanche, les enceintes sont souvent identiques car les spectacles événementiels se déroulent également dans les grandes salles.

Les métiers du son ont-ils subi une grande évolution ces dernières années ?
Bien entendu, les métiers ont évolué avec la technologie. Il y a quelques années, on pouvait encore apprendre le métier sur le terrain. Aujourd’hui, une formation théorique et scientifique est indispensable.

Si l’on dispose de peu de moyens, à quel matériel doit-on être particulièrement attentif ?
Il y a deux phases essentielles pour lesquelles la qualité du matériel joue un rôle important : la phase de la captation (micros) et celle de la diffusion (enceintes). On peut avoir moins d’exigence en ce qui concerne la console de mixage.

Les musiciens, classiques ou non, ont-ils intérêt à bien maîtriser les paramètres de la prise de son ?
Si ces musiciens composent et enregistrent leurs œuvres eux-mêmes dans leur home-studio, ou sonorisent leurs concerts, la maîtrise de la technique est indispensable.
S’il s’agit de musiciens exécutants, ce n’est pas vital, sauf s’ils sont animés par la curiosité et l’éveil intellectuel.

Vous abordez le mixage, n’est-ce pas un domaine réservé à l’ingénieur du son ?
Les musiciens peuvent aborder le mixage tant que celui-ci reste basique. Néanmoins, pour appliquer les méthodes que je dispense dans mon livre, il faut qu’ils possèdent une petite expérience (home-studio, petite sonorisation, DJ...).
Aujourd’hui, si l’on est pas ingénieur du son, il devient totalement impossible de mixer un orchestre classique, dans un grand studio, sur une console 48 voies avec une automation.

Comment avez-vous conçu ce guide pratique ?
J’ai réfléchi longuement sur la manière d’organiser la lecture. Je voulais changer le consensus adopté par les auteurs de livres techniques, c’est-à-dire parler de la théorie du son, puis du matériel, puis de l’utilisation, etc.
Pour aborder les différents points techniques, j’ai pris comme exemple le déroulement d’un concert. Après un chapitre consacré aux matériels (micros, consoles, amplis et enceintes) je parle de la préparation du matériel, de son chargement dans le camion, de l’installation dans salle, des réglages et du mixage. C’est une approche plus vivante, opérationnelle, en prise directe avec les besoins du lecteur.

Ce guide apparaît comme un vade-mecum pratique, à qui est-il destiné ?
Cet ouvrage s’adresse aux étudiants des métiers du son et aux personnes qui confondent la sonorisation avec le karaoké, ou un sonorisateur avec un électricien.
Plus sérieusement, la sonorisation commence à être reconnue et enseignée dans les écoles. J’ai donc jugé utile de présenter tous les métiers rattachés à ce domaine, tout comme ceux qui le sont dans le cinéma (preneur de son, monteur, mixeur…). Mais comme je l’ai déjà évoqué, il s’adresse aussi à tous les utilisateurs occasionnels des outils de sonorisation. Au cours de l’année 2006, je proposerai un deuxième livre sur la sonorisation, niveau BTS. Cet ouvrage plus spécialisé sera plutôt destiné aux étudiants dans l’audiovisuel et aux professionnels de la sonorisation.

© DUNOD EDITEUR, 20/02/2006


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