Découvrir la sophrologie
Pascal Gautier
Le dernier-né de la collection Découvrir permet d’avoir accès à une connaissance complète et objective de la sophrologie. Découvrir la Sophrologie (InterEditions, 2008) de Pascal Gautier aborde l’historique de cette discipline, son utilité, ses principes, les exercices de base… et fournit un carnet d’adresses détaillé. Un ouvrage indispensable à tout débutant souhaitant découvrir cette pratique.
Votre ouvrage est-il le premier ouvrage de référence sur la sophrologie en France ?
Cet ouvrage est trop récent pour être considéré comme une référence et je suis de toute façon mal placé pour en juger. Reste qu'il est vrai que j'aurais beaucoup apprécié, notamment à mes débuts, d'avoir accès à un ouvrage de ce genre. En plus d'une présentation que j'espère complète, on y trouve, par exemple, un positionnement inhabituel, car j’ai parfois émis certaines réserves au regard des choix réalisés en sophrologie, tout en soulignant les spécificités et intérêts.
Pour qui l’avez-vous écrit ?
J'ai tenté de répondre au cadre de la collection Découvrir avec une initiation rapide, relativement complète de la sophrologie. Ce livre peut ainsi intéresser toute personne ayant entendu parler de la sophrologie et souhaitant en avoir une présentation relativement objective. Il est destiné à enrichir ceux qui en ont une expérience et à constituer une synthèse ouverte pour tous les sophrologues ou responsables d'instituts de formation.
Comment avez-vous conçu cet ouvrage ?
Le livre comprend une première partie avec les origines, les principes et concepts fondamentaux, les différents champs d'application et orientations de la sophrologie. La seconde partie, la plus importante, est plus concrète et présente les indications, toutes les méthodes et techniques fondamentales actualisées (avec des textes de séances), des conseils et un carnet pratique, sans oublier un glossaire de plus de 70 entrées.
Existe-t-il plusieurs types de sophrologie ? Les pratiques en sont-elles différentes ?
Oui, c'est aussi l'une des originalités de cet ouvrage qui, à ma connaissance, est le premier à décrire les principaux courants de sophrologie. Ce livre peut donc aussi servir de guide pour choisir un sophrologue. Mais la présentation des différentes façons de pratiquer en neuf courants y est forcément limitée : à l'extrême, il y a autant de sophrologies que de praticiens !
Les pratiques peuvent donc effectivement y être différentes, mais l'essentiel se trouve dans l'attitude, le projet, les références conceptuelles ou les compétences de base et finalement la manière d'être du praticien. Soulignons au passage la distinction décrite entre la sophrothérapie et la sophropédagogie, distinction qui renvoie à des indications différentes.
L’extension actuelle des usages de la sophrologie constitue-t-elle une dérive par rapport à ses applications premières ?
S'il existe une dérive, elle me semble plus dans l'attitude de quelques rares praticiens que dans l'ouverture à d'autres applications. Il est vrai aussi que la notoriété croissante de la sophrologie est « récupérée » par quelques personnes qui s'improvisent sophrologues (le titre n'est pas protégé) et « bricolent » des interventions, à partir de quelques lectures, d’une formation par correspondance et / ou de sessions réparties en trois ou quatre week-ends.
Peut-on pratiquer la sophrologie seul ?
Mon domaine d'intervention, en tant que sophrologue, est avant tout la sophropédagogie en groupe : j'apprends aux personnes une méthode, des techniques de relaxation dynamique qu'elles peuvent ensuite utiliser, en les adaptant, dans leur quotidien. Pour cela, je propose une progression adaptée au fil des séances et je facilite l'intégration des expériences à l'aide de « l'approche centrée sur la personne ».
L'évolution passe par la liaison entre le souvenir, l'émotion et le langage, renforcée par l'écoute active du sophrologue. Ainsi, après un cursus d'environ dix séances en autant de semaines, il est possible, pour les participants s'entraînant entre les cours, de continuer à progresser seuls et de conquérir leur autonomie dans l'adaptation des techniques. L'apprentissage auprès d'un sophrologue compétent reste toutefois un préalable nécessaire. La sophrologie ne peut pas s'apprendre seul, mais peut se pratiquer chez soi, de manière autonome. Au final, les nouveaux savoir-faire seront utiles pour le quotidien personnel ou professionnel.
Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite s’initier à la sophrologie ?
Comme je viens de l’indiquer, le mieux est de s'adresser à un sophrologue ou à un organisme formant des sophrologues ou encore au syndicat des sophrologues professionnels. Il existe aussi des annuaires de sophrologues en ligne. La lecture préalable de la deuxième partie de Découvrir la sophrologie ou d'autres ouvrages d'introduction me semble utile, même si elle n'est pas indispensable. Des indications pour choisir un sophrologue sont notamment données dans le carnet pratique du livre. Assurez-vous que le praticien mette ainsi en pratique les valeurs qu'il transmet avec une attitude permissive, respectueuse et sans jugement ni interprétation « sauvage » de vos propos. N'hésitez pas à en rencontrer plusieurs avant d'arrêter votre choix. Enfin, si vous êtes en souffrance ou à la recherche d'une thérapie, demander d'abord conseil à votre médecin.
© DUNOD EDITEUR, 26/05/2008


