Comment articuler SIG et système d’information…
Henri Pornon
Le système d’information intègre de plus en plus d’outils complexes permettant de gérer et d’organiser des données. Le système d’information géographique (SIG) repère des données sur le territoire, permet leur géolocalisation et apporte ainsi une nouvelle dimension au SI.
Henri Pornon explique dans son ouvrage SIG La dimension géographique du système d’information (Dunod, 2011), comment articuler le SIG avec les autres outils du système d’information. Les géomaticiens et les informaticiens au sein des DSI y trouveront des propositions pour optimiser l’intégration des SIG et mieux les articuler avec les autres applications du SI au sein des organisations.
- Qu’est-ce qui caractérise un projet de système d’information géographique ?
Le projet de système d’information géographique est un projet de système d’information dans toutes ses dimensions (technologies informatiques, données, acteurs et organisation, processus), mais il se distingue des autres projets de systèmes d’information par le fait qu’il concerne des données sur le territoire et comporte une importante dimension cartographique et géographique.
Les données sont toutes repérées sur le territoire (aspect géographique) et les fonctions principales du SIG concernent la géolocalisation des données et leur représentation sous forme de cartes (aspect cartographique). Au-delà de sa capacité à repérer sur une carte divers éléments nécessaires aux activités de l’organisation et à assister ses processus métiers (gérer les réseaux d’un exploitant de réseau, instruire les permis de construire d’une collectivité, collecter les observations sur le terrain d’une association naturaliste, etc.), l’intérêt du SIG est de permettre le croisement et la comparaison de données grâce à leur positionnement sur un même territoire.
Ainsi, comment comparer sa localisation avec celles des enseignes concurrentes, des prospects, des clients et de nombreuses autres informations utiles à l’analyse des résultats commerciaux sans un SIG quand on est un groupe de la grande distribution ?
- Quelle est la mission des géomaticiens ?
La mission des géomaticiens est de participer, avec les informaticiens et les utilisateurs, au déploiement des SIG dans les organisations, d’en assurer l’administration et la gestion et d’apporter une expertise particulière dans l’élaboration des cartes et l’analyse géographique des données. Ce ne sont ni vraiment des informaticiens, ni vraiment des thématiciens (spécialistes de tel ou tel domaine métier) : ils sont à l’interface de ces métiers et leur valeur ajoutée est précisément dans leur capacité à jouer ce rôle d’interface.
- Où se situent les enjeux du SIG pour les organisations ?
Il y a de très nombreux enjeux liés au déploiement des SIG dans les organisations. Au-delà des enjeux techniques liés à l’intégration des SIG dans le système d’information (SI) et à la capitalisation des données à dimension territoriales produites dans l’organisation ou collectées auprès de ses partenaires et prestataires, il y a plusieurs enjeux :
- financiers et économiques (le SIG est-il un coût supplémentaire ou peut-il dégager des gains de productivité ou d’efficacité ?),
- humains liés à l’appropriation des outils par les agents de l’organisation,
- culturels (impact des modèles cognitifs sur les représentations du territoire),
- organisationnels (dimension sociologique des SIG, réingénierie des processus),
- mais également territoriaux (quel est l’impact de la mise en œuvre du SIG sur la connaissance, la gestion et la décision concernant le territoire)
- et citoyens (diffuser de l’information au public).
De mon point de vue, les principaux enjeux sont aujourd’hui techniques (le SIG est souvent un silo applicatif supplémentaire qui communique mal avec les autres applications manipulant de l’information sur le territoire : ce qui rejoint les préoccupations d’urbanisation des SI), organisationnels (améliorer l’efficacité, faire évoluer les processus métiers à l’aide des SIG, développer la transversalité et le partage de la connaissance sur le territoire) et inter-organisationnels (partager entre plusieurs organisations la connaissance sur le territoire à l’aide de plates-formes géocollaboratives).
- Comment le SIG pourrait-il améliorer les processus métiers ?
Dans de nombreuses organisations (notamment publiques), on se contente d’installer des outils SIG et on continue à travailler comme avant, mais en mettant à jour la base de données du SIG en plus : autant dire qu’il n’y a pas d’amélioration des processus dans ce cas. Pourtant, l’amélioration des processus métier est un objectif dans toutes les organisations publiques et privées.
Par ailleurs, la principale difficulté rencontrée au quotidien dans la gestion du SIG est la remontée d’informations et l’actualisation des bases de données. Car la fiabilité de la base de données est liée à la capacité d’intégrer la mise à jour du SIG aux processus métiers de l’organisation (l’agent qui fait une intervention de maintenance sur le réseau effectue lui-même la mise à jour sur le terrain, sur un PDA par exemple)…
Le SIG peut effectivement améliorer les processus ce qui génère un gain de temps (quand le processus nécessite de consulter des cartes et des données sur le territoire ou quand le SIG permet d’éviter des visites sur le terrain), aider à réaliser des analyses et des traitements impossibles sans son assistance, fiabiliser des processus, grâce à la traçabilité apportée dans la connaissance du territoire, etc.
SIG La dimension géographique du système d'information
2011 - 296 pages - 175x250 mm
EAN13 : 9782100546008 Prix TTC France 35,50 €



